vendredi 9 février 2018

Le milliardaire George Soros accusé de chercher à empêcher le Brexit


Le milliardaire George Soros accusé de chercher à empêcher le Brexit
Par Florentin Collomp
Publié le 08/02/2018 à 14:43)

À 82 ans, «l'homme qui a fait sauter la Banque d'Angleterre» en 1992 est critiqué pour son soutien à une association proeuropéenne britannique qui milite pour inverser le résultat du référendum sur la sortie de l'UE.


De notre correspondant à Londres

Les pro-Brexit crient déjà au complot internationaliste contre la démocratie britannique. Le milliardaire américain George Soros finance une organisation pro-UE pour tenter d'empêcher la sortie de l'Union européenne. L'information, qui n'était pas si confidentielle que cela, s'étale à la Une du Daily Telegraph, conservateur, sous une manchette révélant «un complot secret pour contrecarrer le Brexit».


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George Soros a donné 400.000 livres (453.000 euros) à l'association Best for Britain, qui milite contre la sortie de l'UE, a précisé son président, l'ancien ministre travailliste Mark Malloch-Brown. Ce n'est pas le plus gros chèque qu'ait reçu l'organisation. Celle-ci a également levé des fonds importants en sollicitant les dons de particuliers. Ces moyens vont être investis dans une campagne de publicité pour «mobiliser l'opinion publique en faveur du maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne», précise Mark Malloch-Brown.

Au forum économique de Davos, George Soros avait affirmé que les Britanniques étaient «dans le déni» des conséquences financières du Brexit, qui va entraîner «une baisse du niveau de vie». Il ne donne pas cher de la survie politique de Theresa May.
La plume de l'ancien directeur de cabinet de Theresa May

Pour les europhobes britanniques, c'en est trop, venant d'un homme à la réputation peu favorable à leur pays. L'homme d'affaires d'origine hongroise, âgé de 82 ans, à l'origine des hedge funds, a gagné plus d'un milliard de dollars grâce à ses attaques spéculatives sur la livre sterling à l'issue desquelles elle a été éjectée du Système monétaire européen en 1992. D'où son surnom d'«homme qui a fait sauter la Banque d'Angleterre». Ironie de l'histoire, c'est l'un des événements fondateurs de l'euroscepticisme britannique.

L'attaque contre Soros, par ailleurs accusé d'interférence par le régime autoritaire de Viktor Orban en Hongrie, n'est pas anodine. Elle suscite une vive polémique sur Twitter, où sont critiqués les relents antisémites de l'accusation. L'article du Telegraph, assorti d'un commentaire en pages intérieures, est cosigné par Nick Timothy, qui fut jusqu'en juin directeur de cabinet de Theresa May à Downing Street. Il dénonce une campagne «pour renverser le gouvernement».

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