samedi 14 avril 2018

PARIS - MANIFESTATION DES ETUDIANTS. MENACÉS D'EXPULSION, LES OCCUPANTS DE TOLBIAC VEULENT «RÉSISTER JUSQU'AU BOUT»

PARIS - MANIFESTATION DES ETUDIANTS. 
MENACÉS D'EXPULSION, LES OCCUPANTS DE TOLBIAC 
VEULENT «RÉSISTER JUSQU'AU BOUT» 




Les étudiants du site de Tolbiac de l'université Paris I qui bloquent leur fac depuis fin mars sont menacés d'expulsion. Ils ont reçu le soutien de nombreux autres campus mais aussi des cheminots, venus leur prêter main forte le 11 avril. 


L'ambiance était tendue le 11 avril au matin devant l'entrée du site de Tolbiac de l'université Paris I, occupé depuis le 26 mars par les étudiants grévistes mobilisés contre la loi Vidal. Georges Haddad, le président de l'université, a annoncé qu'il avait demandé l'intervention des forces de l'ordre car la sécurité des personnes ne pouvait plus être assurée. 

«La gravité des violences constatées dans le centre Pierre-Mendès-France ne permet plus d’assurer la sécurité des personnes. Georges Haddad, président de l’université, constant dans sa résolution de ne pas faire appel aux forces de l’ordre sauf en cas d’atteinte grave aux personnes et aux biens, considère que la ligne rouge est franchie. Dès lors, il a demandé au préfet de police son concours pour rétablir le fonctionnement habituel du centre.» 

La préfecture de police a quant à elle déclaré qu'aucune intervention d'évacuation n'était prévue pour le moment. 

Sur le campus, les étudiants sont déterminés à poursuivre leur blocus : «Nous allons résister jusqu'au bout. Nous avons prévu un plan pour ne pas être délogés mais il est clair que si les CRS arrivent et qu'ils veulent nous évacuer, on ne pourra pas tenir très longtemps», nous explique une occupante. 

Cette occupation a reçu le soutien de très nombreux professeurs de l'université qui défendent bec et ongle leurs étudiants : «Ils sont sous pression. Ils reçoivent des attaques violentes, c'est inadmissible», nous confie Pierre, un enseignant gréviste. Des professeurs qui se déplacent chaque jour sur le campus et qui donnent même des cours de philosophie et de sociologie, improvisés et hors programme, dans les amphis de l'établissement. 

Les médias, présents en grand nombre le 11 avril, ont dû rester à l'écart car ils ne semblent pas être les bienvenus. Depuis que des images des grévistes ont circulé sur internet, ceux-ci affirment avoir reçu des visites nocturnes de groupuscules, venus tenter de les déloger violemment : «Ils viennent le soir, nous lancent des bouteilles cassées, nous insultent et veulent qu'on arrête le blocus», nous confie un occupant masqué d'un foulard et de lunettes noires. D'autres étudiants sont affublés de masques colorés en formes d'animaux pour ne pas être identifiés. 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire