États-Unis : pourquoi les conspirationnistes de "QAnon" inquiètent

(AP Photo/Chris O'Meara) Un militant pro-Trump lors d'un meeting en 2018, portant un t-shirt QAnon
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26 AOÛ 2019
Mise à jour 02.09.2020 à 10:20 par
Pascal Hérard
Les "QAnon", ces conspirationnistes issus d'Internet, fervents soutiens de Donald Trump, sont devenus très visibles et inquiètent le FBI. Qui sont ces détracteurs de "l'État profond", convaincus que le président des États-Unis a été élu pour sauver l'Amérique ?
Ils se reconnaissent entre eux grâce à une seule lettre en majuscule, un "Q", comme "Question". Leur slogan est "WWG1WGA" (Where We Go One We Go All : Où l'un d'entre nous va, nous y allons tous). Ils se montrent désormais à la télévision, dans les meetings politiques et inspireraient même des actes de violence terroriste. Leur "leader" et théoricien originel est un compte anonyme d'un forum Internet, censé appartenir à la haute administration ou au renseignement d'État. Leur mouvement pourrait être placé sous peu sur la liste des "menaces terroristes intérieures" par les autorités fédérales…
Mais de qui parle-t-on ? Des "QAnon" : ces milliers — voire millions — d'Américains partisans de Donald Trump qui défendent avec ferveur, une théorie conspirationniste de "libération de l'Amérique" par la chute de l'État profond et de la destruction d'un réseau pédophile mondial tenu par des élites américaines, dont Hillary Clinton serait à la tête…
Qu'est-ce que l'"État profond" ?
Le concept d'"État profond" apparaît en Turquie pour la première fois avec le coup d'État militaire de 1980. Le chef d'État major qui prend le pouvoir en Turquie à cette occasion, Kenan Evren, aurait déclaré alors : " L'État profond, c'est nous. À chaque fois que l'État s'affaiblit, nous le reprenons en main." Au début des années 1990 le concept est discuté dans le monde anglophone et trouve, sous les analyses de Peter Dale Scott (professeur émérite de littérature anglaise à l'Université de Berkeley) une définition générale qui est la suivante : " l'État profond est un cercle de contacts de haut niveau, souvent personnels, où le pouvoir politique est susceptible d'être dirigé par des gens très riches". L'État profond est aussi souvent assimilé à une autre façon de désigner les bureaucraties permanentes militaires, du renseignement et de la diplomatie de n’importe quelle nation.
A deux reprises la semaine dernière,
le chef de l’État français Emmanuel Macron a critiqué "l’État profond" français, reprenant les mêmes mots que Donald Trump, dénonçant très souvent le « deep state ».