Alors que près d‘un sixième de la population vit déjà sous le seuil de pauvreté, le gouvernement Macron radie massivement les chômeurs des listes de l'assurance-chômage. Son but est de développer en France un secteur massif de bas salaires.
Francis Dubois
Mardi 14 Novembre 2017
L‘agence d‘enregistrement des chômeurs, Pôle Emploi, a publié la semaine dernière les résultats d‘un nouveau système de contrôle des chômeurs, mis en place et généralisé il y a un an et demi, sous le gouvernement Hollande.
L‘agence a déclaré avoir radié 14 pour cent des personnes qu‘elle avait contrôlées (270.000 à raison de 12.000 par mois) soit 37.800 personnes. La presse a généralement dû avouer que contrairement à la propagande patronale et gouvernementale, les contrôles n‘avaient pas révélé des hordes de « parasites » ne voulant pas travailler. Une écrasante majorité cherchait activement un emploi.
L‘agence a déclaré avoir radié 14 pour cent des personnes qu‘elle avait contrôlées (270.000 à raison de 12.000 par mois) soit 37.800 personnes. La presse a généralement dû avouer que contrairement à la propagande patronale et gouvernementale, les contrôles n‘avaient pas révélé des hordes de « parasites » ne voulant pas travailler. Une écrasante majorité cherchait activement un emploi.
Ces contrôles et radiations font partie d‘un arsenal répressif de plus en plus draconien déployé contre les chômeurs et dont un des buts est de forcer les travailleurs dans des emplois de moins en moins bien payés et qualifiés.
Il y a actuellement en France, selon les chiffres de Pôle Emploi, 6,5 millions de chômeurs toutes catégories. Cela représente 10 pourcent de la population du pays et environ 20 pour cent de sa population active. Des estimations officieuses parlent de près de 5 millions de personnes en plus, qui n‘entrent plus dans les statistiques officielles.
Dans le cadre de son « refonte majeure » de l’assurance-chômage, le gouvernement Macron avait annoncé début septembre, quelques jours avant que le président dénonce « les fainéants », qu‘il allait renforcer le dispositif mis en place Hollande en quintuplant le nombre des contrôleurs. Le but était de rendre les contrôles « drastiques ». Le 17 octobre, Pierre Gattaz, le président du syndicat patronal Medef, fustigeait dans la même veine les « profiteurs » et exigeait que les chômeurs soient soumis à un contrôle journalier pour « que le système soit incitatif à la reprise d'emploi ».
Le système actuel de contrôle et de radiation est déjà draconien. La radiation entraîne la perte pendant six mois ou un an des indemnités, le seul revenu du chômeur. S‘il n‘a pas d‘autre soutien, il se voit très vite dans l'incapacité de payer loyer, eau et électricité et de se nourrir convenablement. Il n‘a droit à la couverture médicale qu‘un an au maximum. Il perd ainsi graduellement toute chance de trouver un emploi décent, voire un emploi tout court.
Il peut être radié pour une raison ou une autre, s’il ne répond pas aux convocations ou refuse une « offre raisonnable d‘emploi », c‘est-à-dire un travail à des conditions bien inférieures à son dernier emploi, ou à ses qualifications, ou loin de son domicile et de sa famille. Il est en fait pressé d‘accepter n‘importe quoi et de rester à la disposition de l‘agence en permanence. Une « fausse déclaration » pour éviter une radiation est déjà punie d‘une radiation d‘un an et d‘une amende de 3.750 euros, somme énorme pour un chômeur.
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